vendredi 15 avril 2016

Il y a énormément de faits troublants autour des affaires de Pressac et de Dalkia, et j'ai personnellement du mal à imaginer que les affaires soient seulement politiques. Il y a trop "d'unions sacrés" entre la droite et la gauche pour y voir une simple course au pouvoir. En fait, je pense que le mal est beaucoup plus profond et qu'il fait partie de l'histoire sombre de la France.



Mon histoire pourrait passer pour anodine, presque accidentelle, mais elle nous dit beaucoup de l'état de la France d'aujourd'hui. Les réseaux FOCCART ont souvent été décrits par les médias comme des réseaux africains, visant à assoir la dominance de la France sur l'Afrique. La rencontre avec Mr PR nous montre qu'au delà de l'Afrique, les réseaux FOCCART étaient également très actifs au Moyen-Orient. Quand l'Asie s'est ouverte aux nouveaux marchés du commerce international, les réseaux FOCCART ont cherché à imposer la même influence que celle qu'ils avaient en Afrique et au Moyen Orient. Cette influence ne pouvait plus passer par l'intermédiaire des hommes clefs du réseau, il a donc fallu étatiser les actions, c'est à dire, établir des règles qui permettent de péréniser les actions.

Dans un monde où l'internet, les réseaux sociaux et la mondialisation avancent, deux grandes idéologies tendent à s'opposer. Il y a ceux qui croient en un monde meilleur et qui pense qu'un idéal se construit (ce sont les ONG, l'ONU, etc..),  et puis il y a ceux comme les réseaux FOCCART qui voient bien ce qu'ils ont à perdre avec un monde qui deviendrait meilleur, car leur monde à eux est déjà pas trop mal, argent, pouvoir, réseaux, ils n'ont aucune envie de se confronter aux débats d'idées et à la prise de participation du public dans la manière dont ils gèrent leurs actions. Le public pourrait les juger et c'est bien là ce qu'ils redoutent. Ils le redoutent d'autant plus que les contradicteurs ne sont plus communistes, ils sont ingénieurs, techniciens, des jeunes sortis des grandes écoles après le parcours irréprochable de parents issus de classes moyennes, des petits ouvriers qui ont cru que le progrès social était fait pour eux.

On voit aujourd'hui à la tête de l'état des hommes de droite et des hommes en rose, la gauche caviar, qui se donnent la main dans la volonté d'exercer le même pouvoir sur un peuple soumis. Ils en viendraient presque à regretter le communisme qui gravite autour des industries comme la méttalurgie, les transports et les grands équipementiers. Ce communisme-là fait les meilleurs ouvriers, ceux qui reconnaissent l'autorité d'une sorte de patronat dominant, mais un patronat qui est aussi ouvert à la négociation. C'est lorsque la négociation se joue que le Gaullisme joue ses heures de gloire, très loin, très très très loin des tous petits patrons.

Le projet de société se joue sous la bannière de grandes enseignes auxquelles la France n'a pas accès. Ou presque, car une certaine France a pris sa part du pouvoir, c'est celle des artisans. Les prix de la construction ont augmenté en moins d'une dizaine d'année et avec eux, c'est tout le paysage économique de la France qui a changé. Les petits artisans sont tombés et ne sont restés que les gros, mais je veux dire les gros, ceux comme BOUSSIQUET, qui ont de la famille, des réseaux et de l'ambition bien au-delà du cadre de leur petite entreprise. Et quand je parle de "famille", c'est tout un réseau en action, un peu comme la franc-maçonnerie qui peine à ouvrir ses portes aux femmes.

Enfin, ils n'ouvrent pas leurs portes, tout cela dépend. En septembre 2003, je participais à un groupe de travail organisé par l'Ambassade d'Indonésie à Paris. Des représentants ministériels indonésiens avaient fait le déplacement et côté français, de grosses entreprises avaient envoyé leurs agents. Une seule entreprise comme EIFFAGE avait de 7 à 8 agents répartis dans les différentes tables rondes, une opération offensive en vue de remporter des marchés. J'y allais dans le même objectif, cherchant à établir un partenariat scientifique pour la construction d'un prototype de charpente sous-tendue sur une aire d'autoroute indonésienne.

Ma présence a quelque peu intrigué les français. L'un d'eux m'a demandé pour qui j'étais la secrétaire. Quand un représentant indonésien s'est levé pour m'apporter un document qu'il voulait me montrer en groupe de travail, toute l'attention s'est tournée sur moi, mais dans le sens "qui est-elle, que fait-elle, quelle est son influence?". Je me suis retrouvée en fin de réunion avec une dizaine de cartes de visite. EIFFAGE me contactait juste après la réunion pour une rencontre sur un appel à projet. Ils devaient construire une base de vie pour la société ERAMET qui a obtenu une concession d'exploitation minière sur l'île d'Halmahera. Le projet d'ERAMET consistait à raser la forêt de trois montagnes pour y extraire du nickel, l'une des rares forêts au monde à abriter les oiseaux de paradis.

EIFFAGE m'a reçue dans ses bureaux parisiens où l'on m'a venté tout le talent d'EIFFAGE en matière de développement durable. J'avais déjà fait mon enquête en préparation de cette rencontre et je savais déjà un certain nombre des activités d'ERAMET, notamment celles pour calmer l'inquiétude des ONG environnementales indonésiennes. Ci-dessous, on peut voir trois vidéos. L'une montre la campagne marketing d'ERAMET en faveur des activités minières sur l'île d'Halmahera. La deuxième montre une vidéo de la banque mondiale beaucoup moins élogieuse. La troisième montre une interview de Patrick BUFFET le patron d'ERAMET.


Une autre série de vidéos sur les concurrents d'ERAMET. Vale, l'exploitant minier Brésilien, Newmont, l'exploitant minier américain et un reportage sur l'exploitation minière aux Philippines.


Ce que voudraient les grandes entreprises, c'est que le public ne voit pas, ne comprenne pas, ne s'émeuve pas et qu'au contraire, le public soit bien occupé avec des émissions de télévision fantasques parce que le fantasque transforme la psychologie des personnes, il désinhibe la personnalité pour la rendre plus joviale, mais aussi plus légère, moins souciante et moins "compassionnelle". Pour ceux qui ne connaissent pas les Philippines ou l'Indonésie, les trois vidéos suivantes vous montrent les oiseaux de paradis, l'île d'Halmahera et la déforestation telle qu'elle se passe, à coups de bulldozers.


L'interview de Patrick BUFFET est particulièrement intéressante puisqu'à plusieurs reprises, il évoque la compétition avec la Chine autour du cadmium. L'intitulé de l'émission, c'est "la guerre des métaux stratégiques".

2:19 - Jean-Michel QUATREPOINT : "Alors, à quoi servent précisément ces métaux rares dont on ne parlait pas vraiment il y a une dizaine d'années ?
Patrick BUFFET : Alors ces 17 métaux, vous les retrouvez dans des tas d'utilisations de la vie courante, dans les lampes à basse consommation, dans les éoliennes, dans les moteurs hybrides, dans les moteurs électriques...
Jean-Michel QUATREPOINT : Les aimants aussi
Patrick BUFFET : Les aimants effectivement, qui servent justement pour les éoliennes offshore, etc, et qui sont faites avec des terres rares lourdes. Il y a une grande distinction entre les terres rares légères, les terres rares lourdes qui sont beaucoup plus difficiles à trouver et beaucoup plus rares d'ailleurs, et qui seront beaucoup plus rares pour le futur dans leurs utilisations 
Jean-Michel QUATREPOINT : guidage laser aussi je crois aussi
Patrick BUFFET : Egalement, vous avez 8 grandes zones d'utilisation si vous voulez. Vous avez les aimants, les phosphores, vous avez le craquage catalytique dans le raffinage du pétrole, vous avez les batteries, vous avez les poudres de polissage, vous avez la catalyse automobile, les additifs pour verre. Vous voyez, ça intervient dans des tas d'applications qui évidemment, sans parler de la défense nationale, de la médecine, de l'aéronautique, c'est très très varié. La caractéristique c'est qu'elles ont des propriétés électromagnétiques et chimiques qui sont uniques et qu'elles sont très difficiles à substituer. Souvent, vous substituez une terre rare par une autre terre rare de caractéristiques un peu voisines, mais le DEO américain vient de lancer en 2010 une grande étude pour voir quelles sont les possibilités de substitution, les japonais aussi d'ailleurs, compte tenu du fait qu'ils sont un peu étranglés en approvisionnement, en raison de la politique de la Chine, mais ça sera long et je pense qu'on aura une substitution très lente qui prendra beaucoup de temps.

Dans le reste de l'interview, Patrick BUFFET explique comment la Chine a pris le contrôle de 95% des terres rares. Il explique également les opérations d'ERAMET au Gabon, un pays dont j'ai déjà parlé sur ce blog.

9:59 - Patrick BUFFET : Donc nous devons absolument être indépendants par trois voies. Premièrement le recyclage, vous savez que souvent dans les métaux, si vous passez de 40% à 80% de recyclage, vous multipliez les réserves par 4, par 5 etc... donc c'est très important.
Jean-Michel QUATREPOINT : Ce sont des activités qu'on peut faire en Europe ou en Occident.
Patrick BUFFET : Absolument, nous sommes, nous chez ERAMET, le leader mondial du recyclage des catalyseurs pétroliers et nous faisons du vanadium, du molybdène, à partir de recyclage. Nous sommes avec l'entreprise Valdi en France le leader Européen du recyclage des piles et batteries. C'est extrêmement important de développer le recyclage, il y a une initiative d'ailleurs de la commission Européenne relayée par Eric BESSON qui a confié une étude à l'ADEME en France pour le recyclage de 20 métaux critiques et stratégiques, c'est vraiment central, c'est majeur. A la différence du pétrole, les métaux sont recyclables à l'infini normallement, bon donc c'est un point majeur. Deuxièmement, vous devez limiter l'utilisation des terres rares et par des procédés, par ... les nanotechnologies ouvrent des possibilités dans ce domaine-là de limiter l'utilisation des terres rares dans certaines applications. Et puis troisièmement, il faut chercher de nouveaux gisements de terres rares, je vous ai parlé du Gabon, nous avons un magnifique gisement de classe mondiale qu'il va falloir opérer en liaison avec les gabonais, la république gabonaise qui sera fortement impliquée dans cette affaires évidemment, il y a des intérêts privés gabonais, et nous devons chercher également ailleurs des, des... Il y a en gros 6 projets aujourd'hui vraiment sérieux qui pourraient aboutir, au moins dans les terres rares légères. On devrait pas manquer de cérium par exemple pour les pots catalytiques. En revanche, on devrait avoir plus de difficultés en termes de pénurie sur les terres rares lourdes. J'ai parlé du dysprosium qui est préoccupant parce qu'il intervient dans la fabrication des aimants, notamment pour les éoliennes offshore, pour les moteurs hybrides, pour...
Jean-Michel QUATREPOINT : Les aimants sont partout maintenant.
Patrick BUFFET : Donc voilà, si vous voulez, on a sur certaines terres rares, pas de projet avant 2020 vraiment majeur qu'on voit se développer en dehors de Chine notamment dans les terres rares lourdes, hors précisément notre projet de Maboumine au Gabon, il est particulièrement bien pourvu en valeur relative, en dysprosium, en terres rares lourdes qui sont celles qui manqueront le plus.
Jean-Michel QUATREPOINT : Et dans des conditions d'extraction disons pour l'environnement... moins... on sera plus attentif
Patrick BUFFET : Oui notre procédé d'hydrométallurgie, celui que nous développons, sera très attentif aux questions environnementales. Vous savez que nous sommes, et c'est bien normal maintenant, sous l'oeil vigilent des ONG qui regardent comment nous nous comportons en Indonésie pour notre nouveau projet de nickel de plusieurs milliards de dollars, par exemple, avec aussi un procédé hydrométallurgique un peu différent. Nous sommes obligés de respecter les grands principes equateur et nous venons d'obtenir une garantie de l'AMIGA après une analyse approfondie des conséquences environnementales de notre projet en Indonésie ce qui montre le sérieux que nous apportons à l'hydrométallurgie en Indonésie. On va en tirer la conséquence. Au Gabon, il en sera de même évidemment.
Jean-Michel QUATREPOINT : Et le lithium
Patrick BUFFET : Le lithium, nous sommes en partenariat avec Bolloré à 50/50 et le lithium, c'est un métal d'avenir pour les batteries.
Jean-Michel QUATREPOINT : Le lithium, c'est le sel pour simplifier
Patrick BUFFET : Oui voilà, vous avez 40% des réserves mondiales, c'est le sel Salar d'Uyuni, c'est magnifique, c'est en Bolivie, vous en avez au Chili, vous en avez en Argentine. Nous sommes nous en ce moment en association avec le groupe Bolloré qui a mis au point un batterie lithium métal polymères particulièrement performante pour les futurs véhicules hybrides et les véhicules électriques, et nous sommes nous les spécialistes de l'amont, c'est à dire de l'extraction et de la transformation du lithium, je ne vais pas rentrer dans le détail des procédés que nous utilisons
Jean-Michel QUATREPOINT : Là les Boliviens veulent garder cette technologie pour eux.
Patrick BUFFET : Le problème en Bolivie, c'est que nous sommes en concurrence avec des japonais et des coréens, bien qu'ils aient les plus grosses ressources mondiales, pas forcément les plus faciles à exploiter, mais nous avons un obstacle politique pour le moment, c'est qu'ils veulent que la COMIBOL, la compagnie d'état fasse tout. Je ne sais pas si avec les technologies qu'ils ont et les moyens financiers qu'ils ont, ça sera très simple pour eux d'aller jusqu'au bout de la création d'une usine de batteries locale. Nous, nous avons proposé de créer une usine de batteries locale d'ailleurs avec le groupe Bolloré, mais pour le moment, nous attendons, nous sommes en veille vigilante sur la Bolivie. En revanche nous avons pris des positions en Argentine, nous avons des concessions, et nous regardons le Chili. Le lithium, il y a 3kg de lithium pour une batterie si vous voulez. La demande, pour le pourcentage de l'utilisation du lithium pour les batterie à destination des véhicules électriques qui est aujourd'hui à 20%, devrait passer à 50% en 2020 et on devrait avoir de l'ordre de 30.000 tonnes de lithium nécessaire pour cette utilisation-là, donc c'est un métal vraiment de croissance, d'avenir qui n'est pas une de nos spécialités d'origine, puisque nous étions spécialisés dans les métaux d'alliage, surtout pour la sidérurgie, l'aéronautique et l'énergie, mais c'est un métal à fort potentiel de croissance et qui est absolument nécessaire compte tenu du poids que les véhicules électriques auront dans le futur.

C'est d'ailleurs Boloré qui développe la Bluecar, donc qui créée le produit et la demande pour développer sa production de métaux, sa logistique de transports, une stratégie largement relayée par les hommes et les femmes politiques dont les ambitions sont ailleurs, plus électoralistes. Sur l'éolien, quand on voit le nombre de scandales provoqués par cette industrie, on se demande quelle est la stratégie de tout cela.




Mon opinion, c'est que l'énergie nucléaire ne disparaîtra jamais. Il suffit d'écouter les commentaires de Bill GATES sur les énergies renouvelables, le nucléaire est l'une des énergies renouvelables les plus propres et les moins envahissantes d'un point de vue environnemental. Certes, les centrales nucléaires présentent des risques, mais il faut peser l'usage que l'on en fait. Une centrale génère à elle seule toute l'énergie de plusieurs grandes villes. Par ailleurs, elle est transportable comme sur les bateaux, y compris les sous-marins. Mais les politiques savent que l'énergie nucléaire se heurte aux peurs de l'opinion public, ils cherchent donc à rassurer et à faire croire au changement de stratégie énergétique. Ça tombe bien, des groupes comme Bolloré développent les voitures électriques et les nouvelles technologies de l'information ont déjà créé suffisamment de dépendance psychologique pour que le public ne puisse plus s'en passer. L'électricité se vend bien, et même au-delà des espérances. Les pays riches sont au-delà de leurs nécessités vitales, ils consomment pour le plaisir.

Le problème, c'est que dans un monde globalisé, les projets de société peuvent être différents. La Chine par exemple, qui s'est appropriée 95% des terres rares (a ce que Patrick BUFFET en dit ?), a fini par faire peser une menace sur l'industrie. On aurait pu se passer de dysprosium avec le nucléaire, mais on ne peut pas prendre le risque de manquer de matières premières, donc on produit, souvent pour rien, mais on produit quand même. Les grandes éoliennes qui polluent le paysage de la France sont autant d'aires de stockage des métaux. Elles ne servent à rien, c'est pas grave, elles servent au moins à stocker. Elles servent aussi à faire financer la production et le stockage sur le denier des petites communes, c'est toujours une charge en moins pour les grandes exploitations minières.

Je pense qu'au travers les énergies renouvelables, il y a certes une volonté de dessiner un avenir qui viendrait à polluer moins, donc avec de l'électricité, mais il y a surtout la volonté de stopper les élans de la Chine qui s'approprie, qui stocke et qui prive les industries de pouvoir trouver leurs matières premières. Néanmoins, la question que l'on pourrait se poser est de savoir si cela répond à une stratégie. Ne voit-on pas des personnages comme Jean-Pierre RAFFARIN aller flirter avec la Chine pour favoriser des marchés d'échange, le luxe français contre la pollution des FOIRFOUILLE importées de Chine. Une politique de surconsommation en faveur d'un idéal d'entreprise douteux.




Je me suis souvent demandé si les réseaux FOCCART avaient bien leur tête, qu'est-ce qui pousse un groupe comme EIFFAGE à me faire venir dans ses bureaux parisiens ? On a l'impression qu'ils mesurent le vent avec un parachute, c'est une fois suspendus qu'ils adaptent leurs stratégies. Des stratégies de l'urgence et inévitablement, des stratégies qui conduisent à une paranoïa récurrente, maladive et disproportionnée. EIFFAGE m'avait demandé de réfléchir à une base de vie. Quand j'ai renvoyé mon dossier à EIFFAGE, j'avais proposé la création de solutions de déforestation avec une prise en charge bien avant les interventions d'ERAMET de manière à sécuriser le renouvellement de la flore et de la faune, notamment déplacer la faune pour la mettre en sécurité.

On ne peut pas arrêter les industries de produire. Ce que l'on peut faire, c'est changer la manière dont elles produisent pour les mettre face à leurs responsabilités sociétales. Respecter les populations locales, respecter l'environnement et respecter également les électeurs en développant de vrais projets de société. Hors, il y a en France un autre véritable problème au travers une écologie politique qui a perdu son indépendance vis à vis des partis. Là où la neutralité politique de l'écologie aurait pu jouer en faveur des peuples, le partisanisme a tué toute possibilité d'action véritablement positive et véritablement durable. On le voit avec les éoliennes, les écologistes sont silencieux. On le voit avec la filière bois, les écologistes ont déjà pris parti pour la défaillance d'une économie nationale tournée vers l'importation de résineux. On le voit au travers une société qui est devenue inégalitaire. La production de produits bios est réservée à une élite, ce sont autant de produits "écolos" que la grande majorité du peuple ne peut même pas s'offrir. L'écologie est devenue un sous-produit de l'industrie du luxe qui est autant liée à la finance que la plupart des grands groupes pétroliers.

Mon opinion, c'est qu'on a laissé s'installer en France un climat politique qui est malsain et je pense que ce climat est devenu dangereux pour l'ensemble du monde. Je ne vois pas comment la France va s'en sortir, car la politique des grands groupes ne durera qu'un temps. J'ai toujours pensé que l'honnêteté était beaucoup plus payante car elle fédère des idées autour d'un idéal commun et l'on sait que les idéaux sont beaucoup plus solides que la plupart des complots de l'économie moderne. Les idéaux deviennent immortels parce que le peuple se les approprie et le peuple, c'est le nombre face à l'élite.


Mon opinion

By EP on: 11:54:00

jeudi 14 avril 2016

Les deux dossiers de DALKIA et de PRESSAC soulèvent énormément de questions, notamment le montant du projet de Pressac, 300 millions d'euros, c'est démesuré. Si l'on compare à quelques autres grands chantiers sur ce site, on se rend compte qu'il y a certaines interrogations sur le prix des infrastructures. Les 800 cottages auraient coûté 375000 euros chacun, services et infrastructures compris, soit un rendement à 100% de 146€/jour sur 7 ans. Même ramené sur 20 ans, cela représente un rendement à 100% de 51€/jour, 365 jours de l'année. L'entreprise ne ferait aucun bénéfice à ce tarif là, d'autant que les rendements ne sont jamais de 100%, mais plutôt autour de 50% dans le meilleur des cas. Certes, les cottages sont achetés par des propriétaires privés, mais ceux-ci ne sont-ils pas censé percevoir un loyer? Il y a de très nombreuses zones d'ombre dans ce dossier. 

Je fais la liste dans cet article des questions pour lesquelles j'aimerais trouver des réponses. Si vous voyez d'autres questions à poser, la rubrique des commentaires et faite pour cela.

Au sujet de DALKIA
Quels sont les vrais investissements réalisés par DALKIA
Le montant des aides publiques
Le montant des aides // aux emplois créés
Le contrôle de la source biomasse, quelles entreprises, quels bois
Les pollutions par les cendres, que fait DALKIA
Le coût de l'électricité et du chauffage

Au sujet de FIDUCIAL
Quel est le taux de fermetures d'entreprises par cabinets comptables ?

Au sujet de Pressac
Le détail des chiffres, que représentent les 300 millions d'euros
Le montant de l'aide publique affectée à quels types de travaux
Les emplois créés, quels types d'emplois, combien de temps dans l'année
Le montant du marché remporté par BOUSSIQUET pour la construction de 800 cottages, savoir où ils ont été fabriqués, avec quels bois, quelles entreprises partenaires, combien de salariés à la fabrication ?
Quels ont été les concepteurs des différents projets, architectes, ingénieurs, autres intervenants?
Que coûte à la France les 800 cottages chaque année en ristournes et autres avantages fiscaux?

Au sujet de RAFFARIN
Quel a été l'impact du projet de Pressac sur les résultats électoraux, comparaison des sondages avant et pendant Pressac



Les questions que l'on devrait se poser

By EP on: 15:29:00

mercredi 13 avril 2016

Le 5 décembre 2014, j'ai envoyé mon "Manifeste pour la filière bois" au journal satirique Charlie Hebdo qui était à l'époque le seul journal national à afficher ouvertement une position anti-chasse. Les attentats ont eu lieu un mois plus tard.

J'ai décidé de publier mon "Manifeste pour la filière bois" car s'y trouvent mes réflexions sur la filière, sur la finance et sur le marché de la construction. J'évoque dans ce dossier le modèle économique de Pierre & Vacances, un modèle qui soulève beaucoup de questions.


Les attentats de Charlie Hebdo

By EP on: 23:14:00
L'affaire PRESSAC est une affaire politique qui débute les 29 et 30 mars 2011. L'incubateur CARINNA de Champagne Ardenne m'a demandé de participer à l'animation de son stand au salon INNOVACT de Reims. J'ai proposé l'exposition d'une maquette pour un projet de prototype de bâtiment flottant. Les enjeux de ce prototype consistaient à utiliser l'instabilité de fondations flottantes pour démontrer les propriétés parasismiques de la charpente sous-tendue dont la technologie était incubée auprès de l'incubateur. Le projet à l'époque devait permettre la construction d'un prototype sur l'étang de la Juchère, en Haute-Marne, mais le rapprochement de deux communautés de communes dont celle d'Auberive (fief de Jean-Claude VOLOT, ex candidat au MEDEF) n'a pas permis au projet d'avancer.

Bungalow flottant de Pressac
Maquette du salon INNOVAC
Développer une technologie innovante en zone rurale implique de venir avec des idées. J'ai réalisé une brochure de quelques pages pour montrer les enjeux touristiques de ce projet. L'objectif était d'obtenir le soutien des élus locaux pour le financement du premier prototype de charpente sous-tendue, une technologie je le rappelle, pour laquelle le rapport de l'INPI reconnait comme innovantes et à fort potentiel industriel les 32 revendications du brevet. Nous étions dans de l'innovation pure pour des technologies de charpente traditionnelle. L'objectif consistait à redynamiser les campagnes par la structuration d'une filière bois autour de la revalorisation des feuillus. Dans la brochure touristique, on voit le développement de maisons flottantes, d'affûts de tourisme et de projets culturels.


Pour sensibiliser les élus et les professionnels du bois à l'ensemble de ma démarche, j'ai organisé un voyage d'étude de trois jours en Haute-Marne durant lesquels j'ai présenté mes technologies, les chiffres du projet et l'impact du projet au niveau du département de la Haute-Marne puisque l'idée était de créer un territoire novateur non pas ciblé sur une parcelle, mais sur un ensemble de villages et de sites touristiques. Au travers un ensemble de services et de thématiques culturelles, le projet proposait de dynamiser les activités touristiques de la Haute-Marne. J'avais également à l'idée qu’une fois ce projet démontré en Haute-Marne, il deviendrait possible de trouver d'autres filières sur le Lac du Der dans la Marne. En développant un produit bois en Champagne Ardenne, nous pouvions atteindre toute la clientèle des lacs d'Europe.


Ce projet a été soutenu par les élus locaux, mais pas tous. Le sénateur ADNOT m'a littéralement mise à la porte de son bureau parce que j'abordais avec un peu trop d'assurance les thématiques de l'innovation dans les très jeunes entreprises. Jean-Claude VOLOT, que j'ai rencontré à plusieurs reprises m'avait donné le conseil de passer la main, car disait-il, j'ai déjà vu beaucoup trop d'ingénieurs avec de très bonnes idées qui se cassent le dos avec des problématiques d'entreprise. "Vous êtes faite pour créer, pas pour piloter une entreprise". Cette remarque m'avait bien évidemment énervée, mais ce n'est pas par vexation, je ne suis tout simplement pas d'accord. Il y a des pays au monde où la droiture d'esprit des personnes permet à un ingénieur de travailler avec un gestionnaire pour monter ensemble un projet d'entreprise. Hewlett Packard en est un exemple. C'est juste qu'en France, les gens ne raisonnent pas comme cela. Les gens se jalousent, cherchent par tous les moyens à pouvoir tricher, voire pirater, plagier et même si cela laisse un inventeur dans le chaos. Je fais partie de ceux qui croient qu'un peuple s'éduque et que les lois sont faites pour cela. Il n'y a donc aucune raison pour qu'un inventeur ne puisse pas porter ses idées. Par contre, il devrait être aidé et accompagné autrement que par de l'argent et des conseillers qui n'ont reçu aucune expérience d'entreprise. Il y a d'autres formes d'accompagnement à inventer et il y a surtout du ménage à faire à la tête de l'état. Rappelons l'affaire UNESCO, un bel exemple de l'intégrité française face à la loi.

Le 1er juin 2012, la Société d'Economie Mixte (SEM) pour la construction du village flottant et du Center Parc de Pressac été créée dans la Vienne. Dans un article daté du 25/11/2015 et paru dans Les Echos, on apprend le montage financier de l'opération présentée comme "l'union sacré" entre Jean-Pierre RAFFARIN et Ségolène ROYALE. D'après cet article, l'idée d'un Center Parc remonterait à 2009. Ce que ne dit pas cet article, c'est la prise d'intérêt de DALKIA dans le financement du projet. Dans un autre article paru dans la Nouvelle République le 06/06/2012 il est fait mention d'un apport de 1 million d'euros de la part de DALKIA et de 600.000 euros de la part de SOREGIES. Ce que ne mentionne pas non plus l'article des Echos, c'est la précipitation dans laquelle le projet de financement a été monté, ce que relate l'article du 15/05/2013 paru dans 7 à Poitiers.
 

On voit au travers l'article du 15/05/2013 paru dans 7 à Poitiers que le projet de Center Parcs a rencontré des difficultés de départ à obtenir ses financements. Pourtant, un élément déclencheur a permis la réalisation du projet, et cet élément, c'est Jean-Pierre RAFFARIN. Dans l'article des Echos, il est mentionné que le projet a été porté par "l'entregent de Jean-Pierre RAFFARIN". Dans un article de la Charente Libre, il est expliqué comment le sénateur Jean-Pierre RAFFARIN a "pris le dossier à bras le corps". "C'est lui" explique Jean-Claude BERTAUD "qui a mis l'an dernier en relation le maire de Pressac et le groupe parisien". Il s'agit du groupe ACAPACE qui a construit le village flottant avec la société "Cabanes et vous". "Une fois par trimestre, je réunis au Sénat des porteurs de projet et des investisseurs. Je suis un peu celui qui branche les fils". Cet article a été publié le 11 janvier 2014.



Ce sont les sénatoriales, Jean-Pierre RAFFARIN est un homme ambitieux qui vise déjà la présidence du Sénat. Dans un article paru le 21/06/2014 dans la Nouvelle République, on voit Jean-Pierre RAFFARIN "à trois mois des élections sénatoriales". L'article est intitulé "C'est Shanghai ou les Trois-Mouthiers ici?" et c'est là une véritable question puisqu'on observe à la même époque de nombreux changements dans la carrière du sénateur de la Vienne. Placé à la tête de la Fondation Prospective et Innovation, il officie depuis 2011 à la publication d'ouvrages sur la Chine. Sur le site du Sénat, on voit quà partir d'août 2014, Jean-Pierre RAFFARIN participe à la "commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées". Ce petit sénateur de la Vienne, qui remettait le 6 mai 1998 son rapport sur une " Proposition de loi déterminant les conditions juridiques de l'exercice de la profession d'artisan boulanger", est devenu en 2014 le chantre de l'économie française en Chine.

Les publications de la Fondation Prospective et Innovation
2011
Grands angles sur la Chine
2012
La Chine et les BRICS: quel destin commun?
2013
Quelle chine pour quel monde en 2020
Vers quel modèle de développement chinois?
Transmission culturelle et modernité
Bonnes nouvelles d'Afrique
2014
France Chine, quels nouveaux partenariats
Les clefs de votre succès en Chine
PME la Chine c'est maintenant
La route de la soie
Morale et société
2015
Faire équipe avec la Chine
Chine et Russie: quels stratégies
Afrique: l'émergence
Moving ahead with China
Pour une Europe à hauteur de Chine
Produire du commun
Là, j'entends déjà des voix s'élever pour dire "oui mais l'expansion de la France en Chine est importante". Je suis bien d'accord, mais en quoi cela justifie qu'un projet soit plagié d'autant que le programme touristique de la Haute-Marne visait un public de touristes chinois (voir la page 3 de la brochure ci-dessus). En quoi le projet de Pressac assure-t-il à la France des jours heureux avec la Chine? La santé des entreprises françaises et les marchés européens sont-ils moins importants? Je dirais oui ils le sont, aux yeux de certaines entreprises françaises qui sont précisément celles qui font les réseaux FOCCART d'aujourd'hui.

La participation de DALKIA au financement du Center Parcs n'est peut-être que symbolique, mais justement, visitons les symboles car c'est peut-être cette toute petite intervention de DALKIA qui a débloqué les financements par les banques et par la Caisse des Dépôts. Le village flottant de Pressac a été rajouté au projet de Center Parcs. Il est géré indépendemment par la société Cabanes et Vous qui a quitté la Bretagne pour s'installer dans la Vienne. Cette petite société de fabrication de cabanes appartient au groupe ACAPACE qui est présentée comme le porteur de projet. C'est à dire, qu'un projet dormant de Center Parcs aurait finalement obtenu ses financements par l'impulsion d'un tout petit projet de village flottant. C'est le hanneton qui accouche d'une écrevisse, voire d'un gros homard fourré par tout le caviar de Paris.

L'ironie de l'histoire, c'est qu'une société comme DALKIA de production d'électricité dont les comptes sont déficitaires, finance un projet dans lequel le touriste peut vivre sans électricité. L'intérêt de DALKIA, ce n'est ni l'Afrique, ni la Chine véritablement, mais les réseaux FOCCART dont les agents sont une savante cuisine d'agents secrets, de militaires, d'officiers administratifs et d'hommes politiques. C'est aussi un réseau de criminels mis au service des entreprises pour atteindre les objectifs de quelques grands patrons.



DALKIA BIOMASSE, le mot magique qui résume à lui seul tout le fond de l'histoire. Il faut comprendre qu'en France, la biomasse utilisée par DALKIA provient de la forêt. Le territoire forestier est inéquitable avec un taux de boisement plus important à l'Est qu'à l'Ouest de la France mais c'est à l'Ouest que les ports de Bordeaux et de Bretagne alimentent la France en bois tropicaux, des bois africains pour la plupart. L'exportation de bois de l'Afrique vers la métropole alimente un réseau d'exploitants qui par le biais de l'exploitation forestière, mettent la main sur de nombreuses ressources, pétrole et minerais notamment. Disons que le bois favorise les accords politiques pour l'obtention de concessions.


La Chine est le premier exportateur de bois français notamment des feuillus qu'elle exporte en grumes et qu'elle revend en France sous la forme de menuiseries, de meubles et de parquets. C'est un commerce qui est défavorable aux scieries françaises dont le nombre de fermetures annuelles ne cesse d'augmenter, mais aux yeux de certaines entreprises comme celles de l'industrie des métaux, c'est un sacrifice utile. Disons qu'après la fermeture des fonderies françaises en Lorraine, le sacrifice de l'industrie du bois représente un moindre mal puisqu'il permet de sauver les derniers petits fabricants sidérurgiques de France. Mais ça, c'est le fond de ce qui fait la politique d'aujourd'hui, puisqu'il n'y a rien d'évident au fait de sacrifier une industrie pour une autre.

Un exemple avec Pressac, on annonce la création de 600 emplois. Oui mais, des emplois ne font pas une industrie, ils ne représentent pas des machines, des entreprises, ce n'est pas une économie à l'échelle d'un territoire national, ça ne se développe pas, ça ne grossi pas. Cela ne représente qu'une aubaine pour un tout petit territoire, quelques entreprises et une toute petite économie locale. Si ce projet à 300 millions d'euros a pris tellement d'ampleur, c'est parce qu'en fond de cette politique locale, il y a une politique d'ambition. Jean-Pierre RAFFARIN visait les sénatoriales, ACAPACE s'est allié à BOUYGUES qui vise déjà la Chine et les entreprises du groupe EDF visent à maintenir la dominance française sur l'ensemble des territoires africains.

Si les prix du bois avaient augmenté à l'Ouest de la France, c'est toute la logique d'un système FOCCART qui se serait "effondré" puisque le développement d'une filière locale pour le bois menace de réduire les importations de bois tropicaux, voire de réduire les exportations de la France vers la Chine. Dans une logique industrielle, pour préserver leurs intérêts, les grands groupes ont actionné leurs réseaux de services secrets car eux seuls étaient capables de mettre les banques et la Caisse des Dépôts en action.

Jean-Pierre RAFFARIN n'est certainement pas le cerveau de l'opération, mais il en est la main, et c'est l'entreprise BOUSSIQUET dont on trouve des liens avec la généalogie de RAFFARIN qui a remporté le projet de Center Parcs. Combien de millions de fonds publics sont ainsi passés dans la "famille" ? Quand la presse annonce que "les élus ont apporté 138 millions d'euros", il ne s'agit pas de leur argent à eux, mais de fonds publics payés sur l'impôt des classes moyennes. Et les histoires de famille sont nombreuses. J'ai déjà expliqué comment Mr T avait servi de rabatteur et comment Daniel COUDERT avait placé le fils d'un agent de Jacques FOCCART, l'ancien cuisinier du Président BONGO dans ma toute petite entreprise de charpente. Daniel COUDERT est le père de Sylvestre COUDERT qui dirige le cabinet Coudert avec son épouse, une épouse que l'on retrouve à Chamalières.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, c'est à Chamalières que le franc africain est imprimé. C'est également à Chamalières qu'habite Valéry Giscard d'Estaing et c'est en Corrèze que Jacques CHIRAC et François HOLLANDE ont tous deux remporté les élections présidentielles. C'est à Chamilières que siège le trône d'une France suprématiste et qui domine par une terreur digne de l'ancien régime de Vichy (cliquez sur l'image pour voir la vidéo).



La question que l'on pourrait se poser "mais comment passe-t-on de Chamalières à Pressac dans la Vienne ?". Et bien c'est simple, il suffit de regarder les deux organigrammes ci-dessous. Jean-Pierre RAFFARIN est un homme accessible et facile à convaincre. Il nourrit par ailleurs des ambitions. Lors de l'inauguration du Center Parcs de la Vienne il dira "c'est le plus beau jour de ma carrière". On aurait pu imaginer qu'en devenant Premier Ministre, sa carrière avait déjà eu bien d'autres occasions d'être brillante, mais non, c'est à Pressac que se joue le grand jour, et pour cause, il est devenu la petite main des services secrets français ! C'est presque un rêve, mieux, un aboutissement.



Jean-Pierre RAFFARIN a été le Premier Ministre du gouvernement de Jacques CHIRAC entre 2002 et 2005. Rappelons-nous, c'est Jacques CHIRAC qui remet Jacques FOCCART à l'Elysée en 1995. En 2003, les services d'intelligence économique sont créés avec à leur tête, Alain JUILLET. Un petit rappel de la chronologie:
  • Nomination du haut responsable chargé de l’intelligence économique : nomination d'Alain Juillet le 31 décembre 2003, comme haut responsable chargé de l’intelligence économique au SGDN (Secrétariat général de la défense nationale) par le Président de la République à la suite du rapport « Intelligence économique, compétitivité et cohésion sociale » du député Bernard Carayon.
  • Création d'une délégation générale de l'intelligence économique à Bercy : nomination de François Asselineau le 12 octobre 2004 au poste de directeur. 
  • Actions publiques (au 1er semestre 2009) : 
    • mise en place de responsables de l’intelligence économique dans différents ministères (Affaires étrangères — une cellule est également prévue auprès de chaque ambassadeur —, Intérieur, Économie, Finances et Industrie, responsable nommé mais sans équipe ni moyen) 
    • mise en place de pilotages régionaux de l'intelligence économique par les préfets ; 
    • création d'un « référentiel » destiné aux professionnels de la formation en matière d'intelligence économique ; 
    • création d'une fédération des professionnels de l'intelligence économique ; 
  • Définition des secteurs dits « sensibles >> (septembre 2005) : le ministre de l’Industrie annonce en septembre 2005 la publication prochaine du décret d’application de la loi modifiant le code monétaire et financier. Ce décret devrait comprendre une liste de secteurs dits « sensibles » (la presse cite les casinos, l'armement, la cryptologie, les biotechnologies, la sécurité des systèmes d'information. . .). 
  • Coordination entre le délégué interministériel au développement durable et le haut responsable à l'intelligence économique (septembre 2005) 
  • Nomination du Coordonnateur ministériel à l'intelligence économique au sein des ministères de Bercy en août 2006 
  • Mise en oeuvre du dispositif d'intelligence économique au sein des Ministères économique et financier à Paris et dans les régions : les chargés de mission régionaux à l'intelligence économique, par la circulaire du 21 mars 2007 (publiée au JORF n° 108 du 10 mai 2007 page 8265) 
  • Nomination d'un Délégué Interministériel à l'Intelligence Économique le 17 septembre 2009  
  • Nomination d'un nouveau Coordonnateur ministériel à l'intelligence économique des ministères économique et financier en août 2010  
  • Le Premier ministre précise l'action de l'État en matière d'intelligence économique au niveau des administrations centrales et des services déconcentrés par la circulaire du 15 septembre 2011  
  • Nomination de Claude Revel le 29 mai 2013, Déléguée interministérielle à l’intelligence économique, poste rattaché au Premier ministre.  Elle succède ainsi à Olivier Buquen. Ce poste est alors rattaché directement au Premier ministre et sa faculté de mobilisation interministérielle est accrue par le décret du 22 août 2013.
  • Par décret en date 25 juin 2015, elle est nommée conseillère maître en service extraordinaire à la Cour des comptes et quitte son poste de Déléguée interministérielle.
  • C'est aujourd'hui  Jean-Baptiste Carpentier qui est à la tête de la D2IE.
C'est Jean-Pierre RAFFARIN qui a créé les services d'intelligence économique lorsqu'il occupait le poste de Premier Ministre, donc il connait bien les services, et il en connait bien tous les rouages y compris financiers pour la levée de fonds publics, mais son ambition en qualité de sénateur aurait-elle pu être suffisante pour le propulser en première ligne de cette affaire? Et d'ailleurs, de quelle affaire s'agit-il? Escroquerie, trafic d'influence, abus de biens sociaux ? Je ne citerais que l'article L.432-11 du code pénal, mais la liste de délis pourrait être bien plus longue.

Article 432-11
Est puni de dix ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique, chargée d'une mission de service public, ou investie d'un mandat électif public, de solliciter ou d'agréer, sans droit, à tout moment, directement ou indirectement, des offres, des promesses, des dons, des présents ou des avantages quelconques pour elle-même ou pour autrui :
1° Soit pour accomplir ou s'abstenir d'accomplir un acte de sa fonction, de sa mission ou de son mandat ou facilité par sa fonction, sa mission ou son mandat ;
2° Soit pour abuser de son influence réelle ou supposée en vue de faire obtenir d'une autorité ou d'une administration publique des distinctions, des emplois, des marchés ou toute autre décision favorable.
Jean-Pierre RAFFARIN, qui est le créateur des services d'intelligence économique en France n'aurait-il pas appris sa leçon ? Comme le fait remarquer dans cette vidéo Olivier BUQUEN, ancien délégué interministériel à l’intelligence économique:
"La concurrence est de plus en plus internationale, elle est de plus en plus intense donc forcément, il y a de plus en plus de concrurrents qui franchissent la ligne rouge et mènent des actions à la limite de la légalité, voire franchement illégales. Pour autant, nous ce qu'on conseille aux entreprises, c'est évidemment de ne jamais franchir la ligne rouge, c'est à dire de rester dans le stricte cas de la concurrence loyale et parfaitement légale parce que toute mauvaise action, toute attaque illégale se retrourne toujours à un moment ou à un autre contre son auteur." (16:05 - 16:41)
C'est à quelques kilomètres du village du Général de Gaulle que toute cette affaire a commencé, et c'est sous la lumière de son fidèle RAFFARIN qu'elle a pris toute sa saveur avec des parfums de corruption, de trafic d'influence et d'abus de biens sociaux. Lorsque j'ai écrit à la DIRRECTE pour dénoncer l'impact de cette affaire sur mon entreprise et sur ma vie privée (perte de mes biens, de mon autonomie, décès de proches, etc...), la réponse de son inspecteur principal ne laisse aucun doute. Pour la DIRRECTE, il n'y a rien. Et vous, vous voyez quelque chose ?
-------- Original Message --------
Subject: TR: [***] Plainte
Date: 2016-02-29 15:12
From: "CENTRE PoleC (DR-CENTRE)" <*********>
To: "*********" <*****************>
Cc: "CENTRE PoleC (DR-CENTRE)" <********>

DIRECTION REGIONALE DES ENTREPRISES, DE LA CONCURRENCE, DE LA CONSOMMATION, DU TRAVAIL ET DE L'EMPLOI
POLE C
SITE DE LA MANUFACTURE
6 RUE DE LA MANUFACTURE
CS 94302
45043 ORLEANS CEDEX 1
TEL: ********
TELECOPIE: *******
ADRESSE COURRIEL: *****
Départ n° *******
Affaire suivie par ************.


Objet: Réponse à votre plainte

Madame,

Par courriel du 16 février 2016 adressé à l'Administration Centrale de la DGCCRF puis transmis à mon service, vous avez déposé plainte à l'encontre de plusieurs sociétés pour pratiques anticoncurrentielles visant à nuire à votre entreprise, la SARL *******.

Tout d'abord, sachez que mon service est compétent pour la recherche des infractions relatives au livre IV du code de commerce. En matière de pratique anticonrrentielle, la compétence de la DGCCRF se limite aux articles L.420-1 et L.420-2 du code de commerce respectivement relatifs aux ententes et abus de position dominante.

L'étude de votre courrier, au deumeurant très détaillé, ne permet pas d'envisager une suite sur la base des articles susmentionnés. En effet, aucun élément ne permet de justifier d'une enquête de pratique anticoncurrentielle auprès des opérateurs cités dans votre dossier.

Ainsi, votre litige semble relever de la seule juridiction civile et il vous apartient d'assigner chacun des opérateurs devant celle-ci.


Restant à votre disposition pour tout renseignement complémentaire, veuillez recevoir, Madame, l'expression de ma considération distinguée.

Pour le directeur régional adjoint,
Responsable du pôleC

L'inspecteur principal
*******

Une citation de la mère Bodin pour garder le sourire: 
"Oui oh rigole donc pas toi le goret t'es pareil, non t'es pire tu te roules dedans toi. Hein, t'aime ça la merde. Hein? Ah oui mon RAFFARIN, t'aime ça la merde, hein mon RAFFARIN, la merde et puis la bouffe tiens. Ah, mon RAFFARIN, quand j'pense que tu vas finir au congel tiens. Ah ben oui mais qu'est-ce tu veux, faut bien de la rillette avec les cornichons."



"Les carottes sont cuites. Les carottes sont cuites".
Finalement le Gaullisme, c'est toujours une affaire de cuisine !
De tout cela, il restera une image, celle de la politique française.


Maud Fontenoy, enceinte, pagaye pour les gros bonnets.

L'affaire Pressac

By EP on: 16:37:00

 

L'histoire d'une exiléé politique

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